RDC-Rwanda: un climat de détente pointe à l’horizon après Washington (Par Robert Ludweme)

La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, deux pays voisins de la région des Grands Lacs liés par l’histoire, sont en passe de revivre un climat de détente, après trois décennies de conflits qui ont décimé des millions d’âmes dans la partie Est du pays de Lumumba.

Avec l’Accord de paix entériné le 4 décembre à Washington par le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue Rwandais Paul Kagame, sous la médiation du président américain Donald Trump, force est de constater que le décor a été planté pour que ces deux anciennes colonies belges enterrent la hache de guerre, pour une paix durable.

Il est un fait que l’Accord conclu entre les deux États est le cheminement d’un long processus, dont la première étape a été marquée par la signature le 27 juin 2025 du même document par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs. Sa validation au sommet a été rehaussée de la présence d’un bon nombre de chefs d’État africains, témoins de l’événement.

Ce moment, mieux cette date qui restera écrite en lettres d’or dans les annales de l’histoire de la RDC, était très attendu par les Congolais et les citoyens du monde épris de paix, au regard des ravages que trois décennies de folie meurtrière ont causé inutilement parmi les populations civiles de ce sous-continent.

Chaque partie a tenté de convaincre l’opinion et de rassurer, chacune à sa manière, de son engagement à faire respecter les clauses de l’Accord de Washington.

Le Congolais Tshisekedi a notamment promis de l’appliquer « avec dignité, sérieux et vigilance ».

Une chose est cependant vraie, c’est qu’il y a généralement une marge entre signer ce genre d’accord et concrétiser son application.

Pour Kinshasa et la population de l’Est, victime des affres de la guerre d’agression, le premier test devant rassurer l’opinion sur le terrain consiste inéluctablement au retrait des troupes rwandaises du sol congolais, Kigali étant considéré comme le soutien avéré de l’AFC-M23. Un dossier suffisamment documenté par les instances tant nationales qu’internationales.

Pour l’instant, on en est là, en attendant que les prochaines semaines dévoilent leur secret sur la sincérité des engagements pris par chaque partie. Tout devra converger vers un objectif primordial : l’intégration économique, afin que les peuples de la sous-région des Grands Lacs entreprennent sereinement des activités de nature à booster durablement son développement.

Néanmoins, il est possible d’entrevoir une lueur d’optimisme au regard de l’implication des acteurs visibles et invisibles ayant contribué à la matérialisation de cet important Accord parrainé par le pays de l’oncle Sam, première puissance mondiale.

Bâtir une armée dissuasive

 « Qui veut la paix prépare la guerre ». Cet adage, vieux comme le monde, est plein d’enseignements pour toutes les Nations de la planète qui aspirent à la paix et à la sécurité.

Les trente décennies de guerre qui ont transformé la partie Est de la RDC en véritable poudrière, sont plus qu’éloquentes pour tirer des leçons qui s’imposent en matière de sécurité. L’une d’entre elles, et la plus plausible, est que l’État congolais doit tout mettre en œuvre pour se doter d’une armée forte, bien équipée et dissuasive, à la dimension de sa taille et de ses richesses, pour mériter respect.

Dotée d’immenses richesses du sol et du sous- sol, au milieu de neuf pays voisins, la RDC n’est pas à l’abri de menaces de toutes sortes. D’où l’obligation, pour ses dirigeants, d’anticiper les rapports de force en faisant du pays une puissance multisectorielle au cœur de l’Afrique.

La RDC devra concomitamment renforcer sa diplomatie qui retrouve progressivement ses lettres de noblesse, en opérant un choix judicieux de ses partenaires.

Les Congolais devront, en outre, consolider la cohésion nationale assise sur le socle d’un patriotisme ancré dans le mental collectif, de manière à contrer la traîtrise, l’égoïsme et l’inconscience.

Un peuple uni, fort et discipliné autour d’un idéal commun ne se laissera jamais abattre. Au lieu de compter sur les partenaires, le Congo démocratique devra, au contraire, prendre ses responsabilités et, dans un sursaut d’orgueil, « bâtir un pays plus beau qu’avant ».

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