Depuis de décennies, la question de jeunesse et chômage en République démocratique du Congo a toujours été au centre des débats. Du reste il est aujourd'hui difficile de comprendre la proportionnalité du taux des jeunes diplômés à celui de chômage. Beaucoup estiment qu'il est temps de réfléchir sur la raison de production des universités, et surtout son rôle social.
En 2020, un article paru chez Congo business magazine, a écrit que « le chômage de jeunes est un opprobre pour le pays (la RDC) vu qu'il est en construction, éternelle reconstruction-modernisation. Comme chaque année il y a des diplômés nous pouvons supposer qu'il n'y a pas besoin de main d'œuvre ni de compétence mais peut-être qu'il y a plus des demandeurs d'emploi qu'il y a des emplois. Cinq ans après, la situation est resté inchangée. Mais les universités ont continué à produire sans se soucier qui va consommer leurs produits ».
«Dans ce cas, nous enconrageons fortement les écoles professionnelles, universités et instituts supérieurs de prendre cette donne dans leurs formations afin qu'au sortir des écoles, les jeunes puissent en association créer des entreprises. Si le jeune diplômé est en chômage en ce XXIe siècle, le problème n'est-il pas dans la qualité du travail offert dans les compétences recherchées ? », s'est demandé l’éditeur.
Les universitaires ont-ils fait mieux ? se demande également l'auteur de « Par où commencer ». Une autre vision de développement pour la République démocratique du Congo (Weyrich AFRICA, 2018). Chaque bataillon a son importance, et celui-ci en est un des plus importants. Il est censé posséder les outils intellectuels, la faculté de penser, pour rendre l'imaginaire possible et réel. Nous sommes en droit de poser la question de savoir combien d'écoles sur l'eau-énergie, la forêt, le bois, le commerce international, la viande, les mines, le tourisme et bien, d'autres, ont été mises en place.
En juin 2025, lors de nos échanges avec Toss Mukwa (sociologue), il a pensé que les universités doivent revoir leur raison de produire et d'étudier les marchés (locaux, nationaux et internationaux) pour voir où ils vont déverser leurs produits.
L'auteur de Par où commencer a renchéri en ces termes ; « nos écoles d'enseignement supérieur n'ont aucune vision de l'homme qu'elles veulent former. On s'imagine que le diplôme est suffisant. Aujourd’hui, une grande majorité d'étudiants ont des diplômes sans avoir le niveau intellectuel qui permet de lui faire honneur. Les formés ne savent ni lire ni entreprendre. De ce fait, ils ne possèdent pas la capacité de comprendre et d'analyser et ne savent ni projeter ni entreprendre. Il n'est sans doute pas aisé de voir une relation de cause à effet, entre la qualité de notre enseignement et la dégradation ou l'amélioration de sa situation. Est-ce la matière enseignée qui n'est pas adéquate, ou bien nos situations sont-elles difficiles à traiter ou tout simplement l'environnement regorge-t-il de pièges anti-développement qui nous bloque dans tous les aspects de notre travail ? », s’est-il interrogé.
Et de poursuivre, l'obtention des diplômes de graduat ou de licence ne garantit plus grande chose aujourd'hui. Car elle ne débouche de fois à aucune ouverture. Si les étudiants ne trouvent pas d'emploi dans une entreprise paraétatique, dans une ONG internationale, dans une multinationale ou encore dans un cabinet ministériel, il tombe dans le désœuvrement et une pauvreté sans nom. D'où, il est aujourd'hui question de réorienter la lutte contre le chômage en commençant le combat contre la culture du mythe du diplôme qui est malsain. « Aujourd'hui, malgré nos diplômes, nous ne savons plus créer », a fait savoir l'auteur.
Selon les données 2022 de Country Economy, le taux d'alphabetisation des adultes (15 ans et plus) en RDC est estimé à 80%, avec une disparité notable entre les sexes ; 89,63% pour les hommes et 71,73% pour les femmes. Quel que soit le nombre d'intellectuels en RD Congo, « nous ne pouvons pas chanter la même chanson sur le champ de bataille du développement », a poursuivi cet auteur.
Ainsi, nous lançons donc, un appel à un engagement dans le bataillon intello-universitaire en réorientant nos savoirs vers la production, la création et l'invention, en encourageant la recherche et en soutenant les travaux scientifiques qui adoptent une démarche « Action-réflexion ». C'est la notre façon de penser capable de contribuer à l'amélioration de la relation « Université-Société » et celle de « Jeune-Emploi », afin de permettre aux étudiants de transformer leurs études en projets réalisables.
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